“It-Girls” et “Digital Detox” : ce que la Fashion Week de New York prédit pour 2027
Mercredi 16 septembre 2026. À peine la rentrée amorcée, on sonne déjà la fin des défilés outre-atlantique. Moins visible que les saisons précédentes sur les réseaux sociaux, la Fashion Week new-yorkaise nous laisse pourtant quelques prédictions sur ce que nous porterons en 2027.
New York, nouvelle fashion victim de la Digital Detox
Habituellement poussée par ses anges gardiens : Ulla Johnson, Magda Butrym, Khaite, Michael Kors, Calvin Klein, ou encore Tory Burch, la Fashion Week de New York subit un ralentissement médiatique cette saison. Peut-être n’a-t-elle même pas fait une seule apparition sur vos réseaux sociaux ?
Ce phénomène de rétrogradation s’explique par un effet miroir de la société. En 2025, le site Launchmetrics annonçait un indicateur MIV (Media Impact Value) de 323,3 millions de dollars pour la Fashion Week de New York à la même période, dont 23% générés par les influenceurs, pour un total de 74 millions de dollars.
À la même période en 2026, la semaine des défilés s’est faite si discrète qu’on l’a à peine regardée. La faute à la Mostra de Venise aux mêmes dates qui vole la vedette, au prix des billets exorbitants qui clouent les journalistes à leur bureau parisien sur ordre des rédactions appauvries, ou encore à l’animosité des français envers l’inflation ou le gouvernement américain. Mais nous ne nierons à aucun moment l’envie générale grandissante de prolonger les vacances, la confiance envers les influenceurs qui semble s’éroder, et l’envie de déconnexion plus présente que jamais, de son petit nom “Digital Detox”.
“En cette rentrée je coupe Instagram pour quelques temps, ça ne m’apporte plus aucun plaisir.” explique Jean-Loup Rebours, attaché de presse dans le secteur de la mode.
Cette envie bien assumée de s’extirper du poids des réseaux, de la course au succès, et du stress permanent laisse enfin l’espace à des activités créatives et à la volonté de se reconnecter à nos vrais centres d’intérêts. Et si votre centre d’intérêt c’est la mode, il suffisait de retenir (ou de nous lire) pour ces défilés new-yorkais quelques tendances flamboyantes présagées pour l’année 2027.
La tendance aux It-Girls, nouveau levier de communication
La parisienne “déconnectée” a changé, la New-Yorkaise aussi. L’heure n’est plus à la Working Girl arpentant les rues de New York dans un tailleur étriqué et des talons hauts perchés. Le Diable s’habille en Prada 2 nous a fait connaître les rues de New York une seconde fois, on a compris que la mode ça ne paye pas, ou plutôt ça ne paye plus… Pas question alors de passer sa vie à travailler, on veut naître riche et vivre de nos passions, comme Lila Moss, fille de Kate la célèbre Top Model, qui cette saison était la vraie star des shows tant parmi les invités que côté mannequin. Et quoi de mieux pour Conner Ives que d’inaugurer son arrivée au calendrier avec en tête d’affiche le nom le plus célèbre du milieu.
La mode est aux enfants des “Very Important People” qui bénéficient d’attributs de naissance non négligeables : la richesse, la célébrité, le réseau et une éducation au coeur de la mode. Dans cette jeunesse dorée, les personnages féminins qu’on appelle “it-girls” dictent les tendances et leur simple apparition fait souvent l’effet d’une bombe dans le monde médiatique. Lila est rejointe par Scarlett White, fille du Guitar Hero Jack White et de la célèbre mannequin Karen Elson, qui a défilé pour Anna Sui cette saison.
Si les influenceurs ont perdu en crédibilité et qu’une partie de la Gen Z délaisse les médias traditionnels, les marques elles, ont choisi l’option it-girl pour rester magnétiques et vendre beaucoup. On ne mise plus sur les réseaux ou les influenceurs qui les alimentent, mais sur des figures ultra-identifiables et ultra-désirables. Suivies, admirées, adulées, elles n’ont pas besoin de créer du contenu quand leur simple apparition renforce leur statut d’icone. Elles savourent une crédibilité sans faille auprès des nouvelles générations et de la génération qui a connu leurs parents. Il n’y a donc plus la place pour tout le monde ni l’envie mais l’élite est écoutée et regardée.
Elles sont rejoint sur les défilés par un lot de personnalités provoquant le même effet et déclenchant un engouement pour tout ce qu’elles entreprennent, qu’elles soient chanteuses, actrices, lectrices, New-Yorkaises ou internationales : je parle de Dakota Johnson, Elle Fanning, Dua Lipa, Lisa, Ann Hathaway, Rihanna, Cher ou Kelly Rutherford (aussi appelée Lily Vanderwoodson) et sans qui on ne peut imaginer une Fashion Week New-Yorkais. Vous voyez, cette Fashion Week a vraiment existé !... Et plus encore, les défilés prédisent les looks que vous allez adopter.
Les prédictions “Badies” pour 2027
Et si, comme la dame de TikTok, je vous disais qu’il va revenir ? Je parle bien de l’amour de votre vie. Et vous éprouverez certainement une grande jalousie en avril si vous le voyez avec une autre. Ne loupez donc pas une chance de lui déclarer votre amour, car ce bandana pourrait bien être votre meilleur atout au quotidien. Il complètera vos looks à la perfection et Eva Queen n’aura qu’à bien se tenir. Car mes chéris, de it-girls à Badies, il n’y a qu’un pas. Et de Lila Moss à Lena Situations ou Aya Nakamura aussi !
La Badie, c’est cette fille qui n’attend pas qu’on lui dise quoi porter. Les tendances de New York semblent avoir été pensées pour elle : ces filles qui nous invitent à tester la couleur, à être fraîches, sexy mais pas vulgaires, affirmées et à faire nos propres choix, qui passent aussi par la mode. Chez Grace Ling, la Badie est l’allégorie d’Ève, représentée avec une pomme, nue, dangereuse avec ses ongles aux griffes XL, ou encore sous le signe du Scorpion ; fatale et magnétique.
Très peu de robes du soir, dans la collection “confiance en soi” je demande Amina Ahmed, en robe ouverte sur la hanche, la taille est basse et féminine. La it-girl va en soirée et se montre, on veut lui ressembler. Et pour les plus dark d’entre nous, un grand amour pour Elena Velez qui arrive encore à transmettre la poésie dans la mort. Car nos it-girls /badies d’aujourd’hui évoluent dans un milieu sombre, anxiogène mais trouvent toujours le moyen de briller.
Le style “badies” suivant les prédictions Pantone à la lettre.
Pantone ou plus généralement les bureaux de tendances ont tiré cinq cartes couleurs qui ont guidé parfaitement chacune des marques dans leur collection. Parmi elles l’orange et le bleu, grande stars des collections printemps 2027.
La jupe elle aussi sous toutes ses formes, présentée largement au-dessus de la cheville version Sandy sage dans Grease, ou plus courte à paillettes, version Stephanie dans Grease 2. Et je suis certaine que vous trouverez bien votre bonheur dans ce joli catalogue.
Et pour n’en citer qu’un dernier nous souhaitons la bienvenue au soutient-gorge apparent, accessoire fétiche de la badie, qui je suis sûre vous métamorphosera toutes une fois le printemps venu, et pourquoi pas dès maintenant ? Pourquoi attendre ? Quand vous pouvez déjà vous inspirer... Ce n’est pas ça finalement le jeu des défilés ?
C’est tout pour aujourd’hui, à mercredi pour parler de la Fashion Week de Paris.